Tumeurs cutanées

Les tumeurs de la peau sont très fréquentes, il faut d’emblée distinguer les lésions bénignes qui nécessite dans la plupart des cas une surveillance dermatologique, des lésions malignes dont le traitement repose essentiellement sur la chirurgie. L’augmentation du nombre de cas de tumeurs cutané s’explique par les habitudes d’exposition au soleil, d’où la nécessité d’une bonne information sur les risques encourus et d’une prévention adaptée dès l’enfance. Nous nous arrêterons ici sur les lésions les plus couramment rencontrées.

Les Tumeurs cutanées bénignes sont nombreuses, au premier rang desquels on trouve les Naevi naevo-cellulaires ou « grain de beauté ». Ils se développent à partir d’une cellule de la peau : le mélanocyte, apparaissent dans l’enfance et régressent à partir de 50 ans. D’une manière générale, les grains de beauté doivent faire l’objet d’une surveillance régulière par un dermatologue. Du fait du risque de dégénérescence, tout grain de beauté apparu à l’âge adulte, traumatisé, présentant une modification de taille, de couleur, ou siégeant dans une zone soumise à des irritations répétées (ceinture, bretelles, plante des pieds, etc.) doit être retiré chirurgicalement et analysé.

La Kératose liée à l’âge est une lésion dite « précancéreuse », elle survient sur les peaux claires et l’exposition au soleil en est la principale cause. Elle se manifeste par l’apparition d’une ou plusieurs petites tâches recouvertes d’une corne cutanée sur les régions découvertes du corps (visage, mains, oreilles, etc.). Ces lésions dont le traitement repose sur la cryothérapie ou l’électrocoagulation doivent faire l’objet d’une surveillance rigoureuse du fait du risque de dégénérescence en tumeur maligne de la peau.

Le carcinome baso-cellulaire est la plus fréquente des tumeurs maligne (60%), il peut se présenter sous de nombreuses formes : plan, saillant, ulcéreux, tatoué, la forme cicatricielle est la plus fréquente. Le risque de survenu est étroitement lié à l’importance de l’exposition solaire, généralement après 40 ans, chez des sujets à peau claire, principalement au niveau des régions du corps exposées et non protégées. Le basocellulaire du nez représente à lui seul environ 30% des localisations. D’autres facteurs peuvent favoriser la survenue d’un carcinome baso-cellulaire :

irradiation, kératose, certaines dermatoses. Sur le plan clinique, il est facilement identifiable par la présence de petites perles translucides autour de la lésion. Son évolution est lente et toujours locale. Le traitement repose sur la cryochirurgie, la chirurgie afin d’enlever complètement la lésion et pour les forme difficiles la radiothérapie.

Le carcinome épidermoïde ou spino-cellulaire, est une tumeur maligne quatre fois moins fréquente que le baso-celullaire, il se distingue de ce dernier par sa vitesse d’évolution, le risque d’extension pouvant métastaser au niveau ganglionnaire en premier lieu. Le spinocelllulaire se développe à partir d’un type de cellule appelé « Kératinocyte » présent au niveau de la peau et des muqueuses. Il survient également à partir de 40 ans, principalement sur les peaux clairs au niveau des régions découvertes. La localisation au niveau de la lèvre inférieure est classique chez le sujet fumeur. Cliniquement, il apparait typiquement sous la forme d’une ulcération entourée d’un bourrelet irrégulier parfois parsemé de points blancs. Le traitement repose sur la chirurgie, qui doit emporter la tumeur en passant très à distance d’elle, retirer les ganglions éventuellement atteints, la radiothérapie peut être utile dans certains cas.

Le mélanome représente 3% des cancers cutanés et dans 30% des cas fait suite à la dégénérescence d’un naevus. Deux tiers des décès par cancer cutané sont liés à un mélanome, d’où la nécessité de contrôler régulièrement ses grains de beauté et retirer tout naevus suspect pour un examen histologique. En plus du facteur favorisant classique qu’est l’ensoleillement, les hormones jouent également un rôle dans sa survenue, d’où sa plus grande fréquence chez la femme. Il peut apparaitre sous forme d’une tache brune ou d’un petit nodule noir. Une localisation particulière qui doit être connue est le panaris mélanique. Il s’agit de l’apparition d’une tache ou d’une ligne pigmentée sous l’ongle d’un doigt ou d’un orteil. Le traitement est toujours chirurgical avec une marge de résection de 1 à 5 cm selon l’épaisseur et le siège de la lésion complété par la recherche de foyer ganglionnaires.