Toxine botulique

L’utilisation de la toxine botulique à visée esthétique remonte en France à 2003. Son indication est limitée au traitement des rides moyennes ou profondes de la région glabellaire (rides du lion). Son utilisation hors A.M.M concerne essentiellement le front et les rides de la patte d’oie, ainsi que le tiers inférieur du visage.

La neurotoxine utilisée est produite par le Clostridium botulinum et de type A. Elle entraine un blocage de la contraction des muscles à l’origine de la formation de rides dites « dynamiques ».

La neutralisation de ces muscles a pour effet de diminuer progressivement la présence de rides et participe à l’impression globale de rajeunissement du visage. La toxine botulique permet également de préparer les zones d’injection de produit de comblement (acide hyaluronique) afin d’en pérenniser l’effet.
Sur le plan pratique : après un interrogatoire précis afin d’écarter d’éventuelles contre-indications à l’utilisation de la toxine botulique, la réalisation de photos statiques et dynamiques, l’injection s’effectue au cabinet à raison d’une séance environ tous les 6 mois. Les effets apparaissent en quelques jours.

Quelles sont les contre-indications à l’utilisation de la toxine botulique ?

  • Les maladies neuro-musculaires
  • La grossesse et l’allaitement
  • Une allergie connue à la toxine botulique ou à la sérum-albumine
  • La prise de certains traitements : antibiotiques de la famille des aminosides
  • Un trouble de l’hémostase ou la prise d’un traitement anticoagulant qui majore le risque de saignement lors des injections

Après les injections de toxine botulique, il est recommandé de ne pas s’allonger pendant les deux heures qui suivent la séance, de ne pas pratiquer de sport ou de masser le visage afin de limiter la diffusion du produit.

Voir nos recommandations pour bien préparer sa séance d’injection

Certains effets secondaires peuvent être notés après une séance d’injection mais régressent généralement rapidement :

  • Sensation d’inconfort
  • Hématome (bleus)
  • Prurit (démangeaison)
  • Œdème localisé

Bien que très rares, des complications totalement réversibles et sans séquelles, liées à l’action bloquante de la toxine botulique sur les muscles du visage peuvent survenir :

  • Asymétrie : sa correction est simple par une injection complémentaire lors de la visite de contrôle à 3 semaines
  • La ptose des sourcils : elle est liée à l’injection du muscle frontal chez des patients présentant une chute des sourcils préalable à l’injection. Cet aspect disparait en quelques semaines.
  • La ptose palpébrale : sa survenue est inférieure à 1% et secondaire à la diffusion de la toxine aux muscles releveurs de la paupière. Elle disparait également en quelques semaines.
  • L’asymétrie du sourire : elle est liée à la diffusion du produit lors de l’injection des rides de la patte d’oie.
  • Les troubles de la déglutition par injection de la partie médiane du cou.

Autre indication de l’utilisation de la Toxine Botulique : le traitement de l’hypersudation (hyperhidrose)

L’hypersudation est une situation très invalidante tant sur le plan personnel que social. Elle concerne surtout la région axillaire (les aisselles), la plante des pieds ou la paume des mains.

Le traitement de cette sudation excessive par la toxine botulique de type A a fait ses preuves au niveau des aisselles mais reste encore à l’étude pour les paumes et les plantes des pieds. La sudation est un phénomène participant à la régulation de la température corporelle en évacuant la chaleur. La sueur est secrétée par des glandes spécialisées appelées « glandes sudoripares » qui se comptent par millions à la surface du corps. Ces glandes sont particulièrement abondantes dans certaines régions du corps : paume des mains, plantes des pieds, cuir chevelu, aisselles.

La production excessive et localisée à une région du corps de sueur n’a généralement pas de cause évidente, c’est ce qu’on appelle : l’hyperhidrose focale idiopathique. Elle touche environ 6 à 7% de la population. Elle concerne plutôt l’adulte jeune, aussi bien l’homme que la femme et un terrain familial peut être retrouvé. Elle est aggravée par l’anxiété, les émotions, mais aussi le thé, le café, les épices.

Selon le siège de l’hyperhidrose les conséquences sont variables : mycoses, verrues, eczéma, gêne pour la pratique d’activités manuelles, gêne sociale et professionnelle, renvoi d’une image de manque de confiance ou d’incompétence lorsqu’il s’agit des aisselles.

Différents traitements existent à commencer par la psychothérapie qui permet au patient d’apprendre à gérer son stress. Certains traitement médicamenteux peuvent être prescrits, un antitranspirant en topique dont l’efficacité reste limitée ou encore l’ionophorèse pour l’hyperhidrose palmo-plantaire. Le traitement chirurgical reste une alternative lourde aux conséquences non négligeables en particulier une hyperhidrose compensatrice du tronc qui surviendrait au moins 1 fois sur 2.

L’injection de toxine botulique de type A est une solution particulièrement intéressante dont l’indication pour le traitement de l’hyperhidrose axillaire est reconnue en France depuis 2003. La toxine botulique induit une réduction de la production de sueur transitoire et réversible.

Le protocole classique consiste à injecter 50 unités par aisselle en intradermique tous les 1,5 cm. Une crème anesthésiante sera appliquée avant la séance.

L’efficacité varie entre 81 et 95% et une séance d’entretien est nécessaire tous les 6 mois environs. L’impact sur l’amélioration de la qualité de vie est démontré dans plusieurs études. Ce traitement s’accompagne d’une grande satisfaction des patients et de très peu d’effets secondaires.