Séquelles de brûlures

Une brulure est une lésion de la peau suite à l’action de la chaleur, de l’électricité, d’un agent chimique ou d’un rayonnement. Cette agression de la peau va entrainer une cascade de réactions dans l’organisme, dont l’importance et le retentissement varient selon l’étendue et la profondeur de la brulure. L’évaluation de la surface et de la profondeur d’une brulure répond à des règles précises et est d’une importance capitale pour décider de sa prise en charge.

On distingue schématiquement les brulures du 1er degré, celles du 2nd degré superficiel qui se caractérisent par l’apparition de phlyctènes (cloques). Les brulures du 1er et 2nd degré superficiel sont douloureuses mais guérissent sans séquelle. Les brulures du 2nd degré profond et du 3ème degré sont les plus graves, laissant toujours des séquelles, elles nécessitent une prise en charge spécialisée. Une méthode simple et pratique d’évaluation de l’étendue d’une brulure consiste à considérer que la surface représentée par la paume de la main et des doigts représente 1% de surface corporelle. Au-delà de 10% de surface corporelle brulée chez un enfant ou 15% chez un adulte, une hospitalisation en centre spécialisé est indispensable.

La gravité d’une brulure est également variable en fonction de sa localisation, de la durée d’exposition, de l’âge et de l’existence d’éventuelles tares associées (problèmes cardio-respiratoire, diabète, immunodépression, etc.).

D’emblée, il est primordial de noter l’heure exacte de la brulure, la nature et la durée d’exposition à l’agent responsable de la brulure.

Les premiers gestes à effectuer :

  • S’éloigner de la source de chaleur
  • Refroidir abondamment, pendant plusieurs minutes par l’eau du robinet, pas trop froide.
  • Ne jamais appliquer de produits de type dentifrice ou autre, utilisez uniquement une émulsion protectrice comme la Biafine®
  • Lorsque la brulure est étendue, consulter un service d’urgence afin de pratiquer les premiers gestes et prendre un avis spécialisé.

Quelques cas particuliers :

Au niveau des mains, plus la durée de cicatrisation est longue, plus la récupération fonctionnelle est difficile d’où la nécessité d’une prise en charge adaptée. La place de la rééducation est fondamentale et en cas d’immobilisation, celle-ci doit se faire en bonne position respectant les spécificités fonctionnelles de la main.

Au niveau de la face, il faut systématiquement écarter une brulure respiratoire associée par certains examens dont une radiographie du thorax. Là encore, la prise en charge précoce de la brulure est déterminante pour limiter la survenue de séquelles comme une rétraction des paupières, une limitation de l’ouverture de la bouche, etc.

Les brulures électriques ont une double gravité : locale du fait de la libération de chaleur par le courant électrique et générale en particulier pour le cœur. Pendant les premiers jours, la brulure électrique évolue d’où la nécessité d’une surveillance stricte pendant les 72 premières heures.

Chez l’enfant la brulure électrique des lèvres est la plus fréquente et nécessite également une surveillance prolongée durant une quinzaine de jours.

Les brulures par produits chimiques ont également des conséquences locales et générales lorsque le produit est toxique en lui-même. D’une manière générale il faut en cas de brulure chimique laver à grande eau et pendant 20 à 30 mn afin d’éliminer le maximum de produit puis se rendre dans un centre spécialisé.

Les séquelles de brulure sont malheureusement encore très fréquentes, elles concernent le plus souvent la peau et se manifestent sous différentes formes plus ou moins gênantes : troubles de la pigmentation, démangeaisons, hypersensibilité, cicatrice hypertrophique et chéloïde, brides et rétractions, cancer cutané après 10 ou 20 ans d’évolution. Elles peuvent également intéresser les tendons, les articulations ou les nerfs.

Le traitement des séquelles de brulures reposent sur trois piliers :

  • Le traitement médical comprenant l’utilisation de corticoïdes en pommade en cas de démangeaison ou injectables pour une cicatrice hypertrophique. Le port de vêtements compressifs et les plaques de gel de silicone permettent de lutter contre l’hypertrophie cicatricielle, les cures thermales dont les bénéfices sont multiples (souplesse et coloration de la peau)
  • La rééducation afin d’entretenir les mobilités articulaires
  • Le traitement chirurgical permet de traiter une bride rétractile et redonner de l’amplitude à une articulation. Les greffes de peau et les lambeaux lorsqu’il est nécessaire de réaliser un apport de tissus sains. L’expansion cutanée pour traiter un placard cicatriciel, consiste à gonfler une prothèse en silicone placée sous la peau afin de distendre la peau au voisinage de la zone cicatricielle et ainsi la remplacer par de la peau saine. Cette technique est particulièrement utile au niveau du cuir chevelu. L’injection de graisse sous la peau est une technique très intéressante dans la prise en charge des séquelles de brulures au niveau du visage, elle permet une amélioration de la qualité du tissu cutané en préparation à un geste de reconstruction.

De nombreux travaux sur la fabrication d’une peau artificielle ou la culture de cellules de la peau, laissent présager d’une évolution majeure dans les années à venir pour la prise en charge des séquelles de brulure.